Zéro hasard, tout est trop pensé !

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Depuis quelques années l’aléatoire et le hasard sont des options à haut risque que l’on préfère laisser de côté. Se tromper implique recommencer et recommencer nous renvoie l’image négative de la faute voire même de l’échec. La  montée en puissance du culte de la performance s’étend sur tous les fronts, il faut être le meilleur, ne pas perdre de temps, ne prendre aucun risque s’il n’est pas au préalable contrôlé.

Dans le boulot je peux comprendre cet état d’esprit et je n’en parlerai pas car il me semble difficile aujourd’hui d’évoluer autrement, ce qui me dérange c’est de constater  que beaucoup de personnes organisent leurs sentiments comme leur carrière, l’amour devient alors un produit optimisable et consommable. Dernièrement j’ai pu lire dans un magazine féminin qu’un français sur sept est à la recherche de l’amour et que les sites de rencontres connaissaient un essor exponentiel. Jusque-là tout semble raisonnable il faut vivre avec son temps, sauf que sur le même article les personnes interrogées précisent que lesdits sites font gagner du temps et permettent aussi un tri sélectif des plus rassurant. Pour beaucoup de femmes les critères de recherche sont très stricts avec des exigences non moins draconiennes tant au niveau social que physique, un vrai portrait-robot  sur fond de relevé bancaire.

Risque zéro ? ça reste à prouver…

Où est le romantisme dans tout ça ? En choisissant sur catalogue un profil si bien défini on passe à coup sûr à côté de beaucoup de bonnes surprises et même si on se trompe ce n’est pas mortel, ça nous apprend un peu sur les autres … et beaucoup sur nous.

Performance, contrôle, rentabilité sont les maître mots.

Dans un tout autre domaine, celui de la chanson, de plus en plus d’interprètes poussés par les maisons de disques très influentes mais frileuses misent leur réussite sur des succès déjà établis. Pour être sûrs de vendre sans prendre aucun risque ils privilégient les reprises d’anciens tubes au détriment d’une création artistique jugée trop aléatoire.  Résultat : Depuis vingt ans on entend toujours les mêmes chansons sur les ondes.

Je finis par un petit sourire car dans la série assistanat il y a aussi le GPS (ça me rappelle le sketch de Mado la niçoise ) Là aussi je reconnais que cette invention est fabuleuse, surtout si on est pressé mais honnêtement quand on se balade en voiture j’estime que l’on peut allègrement s’en passer pour profiter du paysage sans avoir à subir cette voix répétitive et stressante. Rien de tel qu’une petite départementale accompagnée de chants d’oiseaux pour nous recentrer sur l’essentiel et si jamais on se trompe de route pas de panique, laissons faire le hasard qui souvent nous réserve de jolies surprises.

Ce que je déplore le plus aujourd’hui c’est le manque de spontanéité, tout doit être programmé, étudié, sécurisé, nous sommes constamment assistés par un système social étouffant, anesthésiant.

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Notre grignoteuse de livres au grand coeur !

5 COMMENTAIRES

  1. Mais wahou! Quel bel article! C’est exactement le bon terme selon moi: anesthésie totale!
    Y a-t-il des solutions pour laisser entrer l’improvisé dans nos vies?
    Les rares fois où j’essaie, on me prend pour une folle (critiques pas cool) ou on me dit que ça fait perdre du temps (productivité?). C’est un peu déprimant quand même…

  2. Tellement vrai ce billet . Le hasard fait peur ou fait perdre du temps . Mais il est aussi le sel de la vie ! Sans hasard plus de découvertes ! Mon GPS-presque-tout-neuf est remisé au fond de sa boîte depuis longtemps ! lol Belle journée Bises

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