Le jour où je me suis enfin sentie chez moi

Voilà déjà neuf mois que j’ai emménagé dans mon nouvel appart. Il est neuf, bien situé, offre des prestations sympas et pourtant un truc clochait sans que je sache l’expliquer. Désormais j’ai compris que le problème… c’était moi, tout simplement.

phoenix, renaissance
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Comme tout le monde, suite à ma rupture, j’ai traversé à peu près toutes les phases. De l’euphorie à la dépression, en passant par la culpabilité : c’était le feu d’artifice des émotions. Ceci explique d’ailleurs très probablement mon retrait de la blogosphère et de Facebook.
Très vite il a fallu trouver un nouvel appart, pas trop cher, pas trop loin de l’école, blablabla et celui-ci semblait parfait. Pourtant, la première fois que je m’y suis retrouvée seule, j’ai fait une crise d’angoisse terrible. Il avait beau offrir des prestations sympas, je ne lui trouvais que des défauts. Même en plein hiver nous étions tout le temps dehors mon fils et moi, car j’étouffais à l’intérieur. On ne rentrait quasiment que pour manger et dormir. La nuit je suffoquais tellement que je dormais les volets ouverts pour avoir une vue sur l’extérieur, qui me donnait l’impression d’avoir plus d’espace.

Dès lors je me suis mise en tête que la solution était de partir loin car plus que l’appart, c’était la ville que je ne supportais plus. Comment passer à autre chose dans un lieu si chargé de souvenirs ? Montpellier, Toulouse, la Creuse : j’ai tout envisagé. La Creuse sans déconner… sans vouloir insulter les gens qui vivent là-bas, c’est quand même le bout du monde. Bien évidemment tout cela c’était de la fuite. Ce que je n’avais pas réalisé c’est qu’ici ou ailleurs les problèmes seraient les mêmes. Il s’agissait donc de les affronter.

Ce fut le début du fameux lâcher-prise. Les randonnées en solo ont été très utiles pour atteindre ce stade. Noyée sous les difficultés j’ai commencé par lister tout ce qui m’empêchait d’avancer. En les classant par priorité et en leur cherchant une solution, une par une. Petit à petit c’est devenu un réflexe qui m’a permis de ne plus angoisser au moindre obstacle. Ainsi, quand je suis tombée en panne d’essence sur la départementale je n’ai pas paniqué. La poisse ? Absolument pas. C’était entièrement ma faute puisque j’avais pris la route en voyant que j’étais sur la réserve. C’était l’après-midi, tout le monde était au travail ou en vacances. J’aurais pu avoir mon fils, mais heureusement j’étais seule. La veille c’était la tempête, deux jours avant c’était la canicule, pourtant ce jour-là il faisait juste bon. J’ai donc attendu la dépanneuse tranquillement sur le bord de la route en écoutant la musique. Et voilà, problème réglé, sans paniquer.

Ce que j’adore avec la vie c’est que l’air de rien elle nous donne toujours des leçons. Et c’est marrant car bien souvent c’est quand on a compris une leçon que les événements tournent soudain à notre avantage. On galère pendant une longue période qui nous paraît interminable et puis d’un coup, sans savoir pourquoi, tout s’enchaîne avec une facilité déconcertante. Il suffit parfois d’un déclic pour qu’en quelques jours on mûrisse plus qu’en quelques mois. Je vous jure qu’en toute modestie j’ai fait des progrès énormes sur Juillet.

Finalement, 9 mois après avoir emménagé, je me sens enfin chez moi. J’apprécie même d’y glandouiller quand je suis seule. Cela n’a rien à voir avec la déco personnalisée, même si cela y a probablement contribué. En réalité, je pense surtout avoir fait la paix avec moi-même, tout simplement. Le salon ne me semble plus aussi minuscule et le clic-clac moins inconfortable.
Bien sûr le travail de reconstruction n’est pas encore terminée, mais la renaissance a commencé. Et comme le disent les paroles de cette chanson que j’aime beaucoup :

Je vibre, j’veux vivre ici, ailleurs
Je saute dans le vide sans peur
J’avance

J’avance, vous avancez, nous avançons. On se relève toujours les filles. Alors si vous aussi vous êtes dans cette période difficile, courage : c’est juste un mauvais moment à passer. Get up ! 🙂

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Joyeuse contestataire, maman curieuse et connectée, Alex adore farfouiller le web. Bavarde, maladroite, elle aime le rock (NIИ ♥) et les félins.

4 COMMENTAIRES

  1. Je te comprends d’autant mieux que je suis passée par là ! Tu es sur la bonne route : celle de la reconstruction ! Il faut aussi voir le côté positif : cette situation nous oblige à nous surpasser, à prendre des décisions et à résoudre la plupart des situations ! Un an après je partais seule en vacances avec mon fils et là j’ai vraiment réalisé que j’étais une femme libre ! Continue : le plus dur est fait ! Gros bisous

    • Merci aussi pour ton témoignage Petitgris. J’ai également ressenti cette liberté, et c’est terrible car maintenant j’ai peur de la perdre hi hi. C’est probablement pour ça que les trentenaires sont frileux à se remettre en couple !! 🙂

  2. Tes paroles ont une résonnance particulière, je suis passée par la même épreuve que toi, cela fait 3 ans et je grandis tous les jours un peu plus, avec des jours où je stagne ou régresse mais j’avance à mon rythme. Tes mots m’apaisent on se sent tellement seule dans ces moments là.
    Merci pour cet article je t’embrasse bien fort

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