Autour d’une table avec Franz Olivier Giesbert

FOG à la Buzine
@The Girls Next Door

C’est autour d’une table, dans le cadre d’un dîner littéraire organisé par Valérie Fedele Cahue, Directrice générale du Château de La Buzine, que  j’ai eu le plaisir de rencontrer Franz Olivier Giesbert, venu présenter son dernier ouvrage ‘’L’arracheuse de dents’’ publié aux éditions Gallimard.

Tout  de noir vêtu,  coiffé d’un feutre sombre d’où s’échappe une crinière hirsute et grisonnante, FOG fait une entrée très remarquée.  Applaudi  chaudement  par  l’assistance, son petit sourire en coin laisse deviner qu’il ne boude pas son plaisir.

FOG ne laisse pas indifférent, souvent controversé pour ses amitiés politiques  il n’en est pas moins un grand éditorialiste et un excellent écrivain.

C’est avec beaucoup de complaisance qu’il se prête au jeu des dédicaces et photos. Son abord chaleureux a largement participé au succès de la soirée. Comme prévu, lors du dîner un micro circule parmi les convives désireux d’échanger  sur ‘’L’arracheuse de dents.’’

Sans grande surprise les questions  supposées littéraires prennent une toute autre tournure, elles ne visent plus l’auteur mais le journaliste politique.

Que pensez-vous du gouvernement actuel?  Quel plan pourrait aujourd’hui enrayer le chômage? Qui sera le prochain président français ? etc … etc …

C’est avec beaucoup de fougue et sans langue de bois qu’il répond aux questions en s’exprimant sur tous les sujets.

‘’ Je suis un être  contradictoire et je l’assume …   Je suis profondément européen, Je ne suis ni de droite ni de gauche, j’ai deux hémisphères et je me sers des deux … Quand une entreprise est en difficulté il ne faut pas craindre de licencier pour mieux réembaucher…  L’assistanat  n’est pas la solution au chômage …  les  deux personnalités pressenties  pour être président seraient François Fillon et Alain Jupé, peut-être un peu  psychorigides mais qui traînent le moins de casseroles derrière eux … ‘’

Dans la salle de restaurant la température commence à monter comme pour tout débat politique, jusqu’à ce qu’une personne sensée recentre enfin le débat sur le sujet du jour, soit le roman ‘’L’arracheuse de dents.’’

Comment vous est venue l’idée du roman ? , est-ce que les faits historiques sont réels ? Etc…

Une petite lumière s’allume alors dans le regard de Franz Olivier Giesbert. Comme un père à qui on demande des nouvelles de son enfant, il se presse de répondre avec fierté et parle de son personnage principal comme d’un membre de sa famille.

‘’ Mon héroïne est inspirée d’une très vieille dame que j’aimais beaucoup, Rose, une restauratrice marseillaise, toujours souriante malgré  ses longues journées de travail qui incarnait quelque chose de très fort, une fureur de vivre. En parallèle  j’ai toujours porté un intérêt particulier aux histoires d’indiens, j’en ai pas mal dans ma bibliothèque. Parmi ces tribus se trouvaient toujours des blancs, souvent des enfants enlevés à leur famille. A partir de là mon personnage central a pris le visage de Rose et tout naturellement au gré de mes recherches l’histoire s’est construite, s’imposant à moi comme une évidence. Ce n’est plus moi qui écrivais mais elle, cette vieille dame presque centenaire, scandaleuse à souhait, qui me racontait son histoire rocambolesque entre l’Amérique et la France, la guerre de Sécession et la Révolution Française.’’

FOG s’attarde ensuite sur son parcours personnel et professionnel entre les Etats-Unis et la France. De père américain et de mère normande sa double culture a participé à sa progression journalistique. Son besoin d’écrire remonte à l’enfance, mais c’est sa rencontre avec Julien Green qui va le rassurer sur sa légitimité à écrire.

Marseillais d’adoption, il vit à Marseille depuis une dizaine d’années et ne tarit pas d’éloges sur cette ville. Comme il a raison !

Que dire de cet homme sinon qu’il est charismatique et qu’il excelle dans la communication. Ce qui retient mon attention aujourd’hui ce n’est pas l’éditorialiste mais son talent pour l’écriture. C’est un romancier de haut vol. Sa soif de vie explose dans ce roman épique, sa plume donne vie à un personnage picaresque avec une dimension d’optimisme bien nécessaire.

Je n’en dirai pas plus sur le roman, ça fera l’objet d’un prochain billet.

Je remercie et félicite Valérie Fedele Cahue à l’initiative de cette rencontre. Nous avons passé une très bonne soirée en bonne compagnie avec un bon repas. J’ai cru comprendre que d’autres dîners littéraires sont en projet, j’en salive déjà …

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Notre grignoteuse de livres au grand coeur !

2 COMMENTAIRES

  1. Rencontrer un écrivain et en plus autour d’une bonne table : le rêve ! Ce que tu nous apprend sur FOG le rend très sympathique à mes yeux. Je n’ai pas encore lu son livre, je crois que je ne vais pas tarder à combler cette lacune ! Belle semaine Bises

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